Qu’est-ce que la migration de main-d’œuvre ?

Près de 3% de la population mondiale - soit quelque 232 millions de personnes - vivent (et pour la plupart travaillent) dans un pays autre que celui qui les a vu naître. Le problème de la migration de main-d’œuvre entraîne des questions complexes et sensibles dans les domaines politique, économique, social et en matière de droits de l’homme, ainsi que de nombreux défis juridiques et réglementaires.

En quoi la migration de main-d’œuvre intéresse-t-elle les entreprises ?

  • Des systèmes migratoires efficaces répondent aux besoins du marché du travail.

Les employeurs estiment que les migrations permettent la réalisation d’aspirations personnelles, l’équilibrage de l’offre et de la demande de main-d’œuvre, favorisent l’innovation et le transfert des compétences. Tous les employeurs ont intérêt à ce que les lois et les politiques nationales de migration soient claires, transparentes et efficaces et permettent la circulation des travailleurs au moment et à l’endroit opportun. Des systèmes trop complexes et trop changeants peuvent compromettre le respect des législations nationales et menacer la protection du marché du travail. La tendance actuelle à utiliser la migration comme outil politique peut s’avérer préjudiciable au développement des activités commerciales et de la croissance économique.

  • Des systèmes migratoires efficaces entraînent un recrutement équitable et éthique.

Peu de gouvernements disposent de systèmes bien réglementés pour la circulation des travailleurs peu qualifiés. Cette situation entraîne de nombreux migrants peu qualifiés à être victimes de pratiques de recrutement abusives, comme la servitude pour dettes, le travail forcé et le trafic d’êtres humains qui est souvent réalisé par des intermédiaires non réglementés qui promettent des emplois à l’étranger.

Quelle est la position de l’OIE sur la migration de main d’œuvre ?

L’OIE travaille sur plusieurs initiatives visant à améliorer les cadres réglementaires favorables à la mobilité des travailleurs, tout en réduisant les pratiques de recrutement abusives en matière de migration internationale de main-d’œuvre.

Les entreprises utilisent beaucoup et souvent les systèmes migratoires nationaux. Leur expérience du fonctionnement pratique des politiques d’immigration, ainsi que leur connaissance des marchés émergents et de l’évolution des effectifs, peuvent fournir des informations importantes aux gouvernements et aux organisations internationales et améliorer la gouvernance de la migration. Par conséquent, la participation du secteur privé au dialogue public-privé est essentielle pour mettre au point des systèmes migratoires bien réglementés.

Comment l'action de l’OIE en matière de migration de main-d’œuvre fait-elle progresser le programme pour les entreprises ?

  • Le Forum des entreprises du FMMD

L’OIE coordonne les contributions du secteur privé au Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD). L’interaction avec les employeurs permet aux gouvernements de comprendre de quelle manière les politiques et les pratiques migratoires affectent les activités des entreprises au niveau national.

  • La coopération avec l’OIM

L’OIE a signé un accord avec l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) s’engageant à trouver des outils opérationnels et pratiques que les gouvernements et les entreprises pourraient utiliser afin de lutter contre les pratiques de recrutement abusives. Un de ces outils est le International Recruitment Integrity System (IRIS), un système de certification volontaire pour les intermédiaires de recrutement leur permettant de prouver leur engagement en faveur de pratiques équitables et éthiques.

  • L’initiative de recrutement équitable de l’OIT

Avec la participation de la Confédération syndicale internationale (CSI), de l’OIE et de la Confédération mondiale pour l’emploi, l’OIT a lancé l’initiative de recrutement équitable, qui vise à lutter contre le trafic d’êtres humains, à promouvoir des migrations sûres et à diminuer les coûts de mobilité de main-d’œuvre. En ce qui concerne les Normes internationales du Travail sur la migration, l’OIE encourage la révision des conventions n° 97 et 143 de l’OIT afin de s’assurer qu’elles répondent aux défis migratoires actuels.

Un aspect important du débat sur la migration porte sur la manière d’évaluer et de reconnaître les qualifications et les compétences dans une grande diversité de professions réglementées et non réglementées. L’expertise de l’OIT en matière de compétences et de formation est largement reconnue.

  • Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (PMM)

L’OIE contribue activement au processus de négociation du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (PMM), qui a abouti à un accord en juillet 2018 au siège des Nations Unies à New-York. Bien que juridiquement non-contraignant, le PMM a une très grande valeur politique et est considéré comme le cadre mondial pour gérer les migrations.

L’OIE a constitué un Groupe de travail sur la migration internationale de main-d’œuvre, présidé par Ronnie Goldberg, avocate principale chez USCIB.