Le travail décent pour réduire la pauvreté dans le monde

Contact(s)

Matthias Thorns

Secrétaire général adjoint
thorns@ioe-emp.com
+41 (0) 22 929 00 19

En cette Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, l’OIE appelle à la levée des obstacles au travail décent, afin d’accélérer la réduction de la pauvreté.

Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), plus de 700 millions de personnes – soit 10 % de la population mondiale – vivent toujours dans une extrême pauvreté. Ils survivent avec moins de 1,90 USD par jour. Même si d’immenses progrès ont été réalisés vers l’élimination de la pauvreté au cours des dernières décennies, ce chiffre reste trop élevé et exige que des mesures soient prises sans délai. Il n’est tout simplement pas acceptable que des personnes vivent dans une précarité extrême et qu’elles subissent toutes les conditions qui y sont associées, telles que l’insécurité alimentaire, la faim et la malnutrition.

L’emploi est essentiel pour sortir ces personnes de la pauvreté et pour leur donner une chance de gagner leur vie et de réaliser leurs aspirations personnelles. Au lieu de combattre la pauvreté comme un symptôme, nous devons veiller à ce que plus de personnes trouvent du travail dans l’économie formelle. L’objectif de développement durable (ODD) 8 relatif à l’emploi, au travail décent et à la croissance économique est indispensable à la concrétisation de l’ODD 1 sur la réduction de la pauvreté. Pour relever le défi du chômage, il est important que les marchés du travail soient ouverts, dynamiques et inclusifs.

Employer des femmes et des jeunes

De manière générale, les femmes sont moins susceptibles de participer au marché du travail et risquent davantage d’occuper des emplois vulnérables. Une étude de la Banque mondiale révèle que 104 économies continuent d’empêcher les femmes d’exercer certains métiers, au simple motif qu’elles sont des femmes. Dans huit économies, les hommes peuvent même légalement interdire à leur épouse de travailler. Le manque d’instruction constitue une autre cause profonde de la position vulnérable des femmes dans le monde du travail. Les jeunes femmes représentent 59 % de l’ensemble des jeunes illettrés dans le monde. L’émancipation économique des femmes et la promotion de l’égalité des chances et de l’enseignement sont non seulement cruciales pour la défense des droits de la moitié de la population mondiale, mais elles auront également un effet puissant sur l’élimination de l’extrême pauvreté.

Il est dit qu’un emploi à lui seul n’offre pas la garantie d’une vie décente. En effet, neuf jeunes travailleurs sur dix dans les pays à faible revenu et deux tiers des jeunes travailleurs dans les pays à revenu intermédiaire sont employés dans l’économie informelle. Il faut trouver des solutions à ce problème. Les conditions de travail sont des plus risquées dans le secteur informel. De plus, l’absence de contribution à l’impôt et aux systèmes de sécurité sociale limite la capacité des États à mettre en place des systèmes de protection sociale adéquats, ce qui renforce encore l’extrême pauvreté.

Formaliser les emplois informels

La lutte contre l’informalité apparaît comme une solution évidente pour promouvoir le développement et le travail décent. Et pourtant, bien que l’OIT ait adopté, au travers de sa recommandation n° 204, une norme internationale contre l’informalité, la question n’a pas reçu l’attention nécessaire et il semblerait que la volonté manque pour s’attaquer véritablement au problème. Aucun ODD ne pourra être pleinement réalisé sans relever le défi de l’informalité.

Le libre-échange sans entraves pour créer de l’emploi

Une part considérable de la diminution de l’extrême pauvreté au cours des dernières décennies est attribuable à la Chine, qui a pleinement tiré parti des opportunités qu’offre le commerce mondial pour stimuler sa croissance, son développement et la création d’emploi. De nombreuses études confirment l’importance du commerce international pour l’emploi productif et le travail décent, en particulier parmi les populations pauvres. Néanmoins, les réserves de plus en plus souvent exprimées à l’égard du commerce international et la tendance croissante au protectionnisme menacent de mettre à mal non seulement le régime mondial des échanges, mais aussi les avancées obtenues sur le plan économique et social, en particulier dans le domaine de la lutte contre la pauvreté.

La Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté rappelle à quel point des cadres propices au marché du travail, l’égalité des chances, des environnements favorables aux entreprises, la bonne gouvernance et le commerce international ne sont pas des fins en soi, mais servent des objectifs plus fondamentaux, le plus important étant de sortir les populations de la pauvreté. L’OIE, en tant que voix internationale des entreprises, continuera de promouvoir des cadres, des règles et des initiatives qui s’attaquent aux causes profondes de la pauvreté. Nous sommes déterminés à contribuer à la réalisation des ODD, aux côtés de toutes les parties prenantes, en particulier les gouvernements.