Les compétences générales peuvent construire ou briser votre carrière

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Akustina Morni

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Lors de la Journée mondiale des compétences des jeunes, Akustina Morni, Conseillère de l’OIE, a expliqué que les compétences générales qui sont actuellement sous-estimées, seront en fait la base d’une carrière réussie dans la prochaine génération d’emplois.

Peggy Klaus, auteure de The Hard Truth about Soft Skills, a raison: les compétences générales sont peu respectées.

De l’Organisation internationale du Travail au Fonds monétaire international et au-delà, les études sur l’Avenir du travail et son impact sur le travail, l’emploi et la société ne manquent pas. Elles se concentrent très souvent sur la manière dont la requalification, le perfectionnement et l’apprentissage tout au long de la vie peuvent atténuer les effets et les défis de l’avenir du travail. Néanmoins, l’importance croissante des compétences générales est totalement absente de ces évaluations. 

Que sont les compétences générales ? En quoi diffèrent-elles des compétences spécialisées ? Les références à ce type de compétences varient. Certains les appellent compétences de base, compétences non techniques, compétences humaines et leur donnent bien d’autres appellations encore. Cela peut-il prêter à confusion ? Oui, assurément. Cependant, malgré ces différentes terminologies, nous les appellerons compétences générales et compétences spécialisées.   

Les premières références aux compétences générales remontent aux années 1970, quand l’armée américaine utilisait une définition suivant laquelle un soldat avait besoin de compétences spécialisées pour lire une carte et de compétences générales pour prendre une décision après l’avoir lue. C’est pourquoi les deux types de compétences, spécialisées et générales, sont nécessaires pour exécuter une tâche ou un travail de manière efficace.  

Les compétences générales telles que l’esprit critique, la communication et la résolution de problèmes complexes sont sous-estimées. Selon des données de LinkedIn, il existe au moins 50 000 compétences professionnelles dans le monde. Parmi celles-ci, les cinq compétences générales les plus recherchées par les entreprises en 2019 sont : 

  • la créativité
  • la persuasion
  • le sens de la collaboration
  • la capacité d’adaptation
  • la gestion du temps

… dans cet ordre-là.

Il est intéressant de noter que les compétences dont les employeurs ont besoin ne restent pas statiques. Les compétences générales évoluent sans cesse, comme le démontre le graphique ci-dessous, qui compare les compétences recherchées en 1972 et les compétences requises prévues (par le FEM) pour 2020 :

L’étude conjointe publiée récemment par l’Organisation internationale des employeurs et l’Organisation internationale du travail a porté sur 500 entreprises au niveau mondial et l’avenir des compétences. Nous avons constaté que les employeurs recherchent maintenant pour leur nouveau personnel des compétences assez différentes par rapport à il y a trois ans   – 70% (Brésil), 66% (Inde), 65% (Allemagne) et 61% (États-Unis).

Mais pourquoi nous soucier des compétences générales?

Selon le rapport (en anglais) de la Banque mondiale, les machines remplacent plus facilement les travailleurs quand il s’agit  de tâches routinières qui sont codifiables. Si cela est vrai en théorie, alors les compétences générales constituent la "protection" des travailleurs contre le risque de perdre leur emploi. Pourquoi ? Parce que les machines n’ont pas encore codifié les compétences générales humaines qui sont complexes. 

Ce n’est pas la seule raison pour laquelle nous devrions nous préoccuper des compétences générales.  Deux enfants sur trois qui sont aujourd’hui à l’école primaire travailleront dans un nouveau type d’emploi qui n’existe pas encore. Il est plus logique, d’un point de vue stratégique, de préparer les générations futures en les armant de compétences générales solides car il est impossible de prévoir ou d’anticiper aujourd’hui, ou à tout moment, le type de compétences spécialisées qui seront nécessaires dans un avenir immédiat ou à long terme.  

Une autre raison qui devrait nous préoccuper, c’est que le déficit des compétences se creuse. L’étude OIE/OIT a révélé qu’il devient de plus en plus difficile pour les entreprises de recruter des personnes ayant les compétences requises - 63% des entreprises de Malaisie ont du mal à embaucher des employés possédant les compétences nécessaires, c’est également le cas pour 60% des entreprises en Bolivie, 50% en Afrique du Sud et 47% en Chine.   

Le manque de compétences pertinentes pour le monde du travail provoque déjà des problèmes d’embauche, même pour des postes de débutants (40% des employeurs ont indiqué le manque de compétences comme étant la principale raison). Nous n’avons pas besoin de données supplémentaires pour être convaincus qu’il s’agit là d’un problème sérieux. Et il s’agit d’un problème pour nous tous : Employeurs, Travailleurs, Gouvernements. C’est pourquoi nous devrions tous nous préoccuper du développement et du renforcement des compétences générales.    

Dans mon prochain blog, j'expliquerai comment nous pouvons poursuivre ce développement.