Communiqué de presse - Lancement du Rapport de la Commission mondiale de l'OIT sur l'avenir du travail

Le Rapport de la Commission mondiale sur l’avenir du travail constituera une base pour engager la discussion et le débat au sein du "Comité plénier" de la CIT en 2019

Genève (Presse OIE) – La Commission mondiale de l’OIT sur l’avenir du travail a présenté aujourd’hui son Rapport au Bureau international du Travail, lançant ainsi officiellement la célébration de l'année du Centenaire de l’OIT.

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M. Mthunzi Mdwaba, Vice-président employeurs du Conseil d’administration du BIT, de même que le Président et le deuxième Vice-président du Conseil d’administration, ont participé aux travaux de la Commission à titre de membres de droit. Comme les autres Commissaires, ils ont siégé et travaillé à titre personnel, sans mandat pour représenter leurs groupes respectifs. Leurs points de vue ont néanmoins tenu compte des intérêts qu’ils préservent au sein du Conseil d’administration du BIT.

 

Les participants commissaires de droit ne sont pas signataires du rapport

Eu égard au statut spécial des participants commissaires de droit et à leur rôle particulier au sein du Conseil d’administration du BIT, il a été décidé qu’ils ne signeraient pas le rapport final, comme indiqué de manière expresse à la page 82 du rapport.

Mr Mthunzi Mdwaba, en sa capacité de membre de droit, a émis les remarques générales qui suivent :

« C’est pour moi un honneur que d’avoir été associé à l’ensemble de ce processus. Les débats au sein de la Commission mondiale ont été des plus enrichissants et constituent une belle source d’inspiration, en raison de la grande qualité des Commissaires et de l’ambition qui les a animés pour mener à bien les tâches qu’ils s’étaient fixées.

Le Rapport saisit bien toute la complexité des problèmes qui sont en jeu et reconnaît les nombreuses opportunités offertes par les technologies avancées, de même que les défis qu’elles posent. Les Commissaires avaient la difficile tâche de présenter des propositions d’action concrètes et réalistes, à appliquer dans le monde entier et à différents niveaux de développement.

Pour relever ce défi, nous avons réuni nos forces afin de construire une vision sur la manière dont nous pourrons réaliser nos ambitions pour le siècle à venir.

J’estime que des efforts importants ont été accomplis pour atteindre cet objectif, tout en étant conscient du fait que personne ne peut prétendre savoir ce que sera l’avenir d’ici 100 ans. Néanmoins, il convient de noter que sicertaines recommandations sont pragmatiques et ouvertes sur un futur concret, d’autres sont plutôt de l’ordre du souhait et seront difficiles à mettre en œuvre à court terme.

En particulier, je soutiens pleinement les recommandations appelant à une consolidation de la formation tout au long de la vie, l’accent étant mis sur les compétences, à l’accompagnement des "individus dans leurs transitions professionnelles futures", au renforcement des politiques favorisant l’égalité des sexes, au "renforcement des systèmes de protection sociale", toujours en veillant à leur caractère durable, ainsi qu’à la promotion de la représentation collective et du dialogue social. Ces objectifs figurent d’ores et déjà parmi les priorités du monde des entreprises.

Malgré leurs intentions louables, certaines autres recommandations méritent d’être affinées et creusées. Je me distancie des recommandations préconisant la création d’une "garantie universelle pour les travailleurs" et un "renforcement  de la maîtrise du temps" en raison du caractère irréaliste de telles propositions et de leur manque de clarté en termes de moyens de financement. De même, la recommandation consistant à "mettre en place un système de gouvernance internationale pour les plateformes de travail numériques qui [exigerait] des plates-formes et de leurs clients qu’elles respectent des socles de droits et de protections" semble extrêmement difficile à mettre en œuvre.

Pour ce qui concerne la recommandation touchant à la refonte des structures d’incitation pour les entreprises en vue de la mise en œuvre du programme centré sur l’humain, elle n’est pas accompagnée d’une proposition pour la mise en place de dispositifs incitatifs destinés aux entreprises qui leur permettraient de prospérer à l’avenir et de réaliser des investissements technologiques.

En outre, le rapport ne reconnaît pas le rôle positif du secteur privé pour l’avenir du travail, ses capacités et ses potentialités lorsqu’il s’agit de contribuer au passage de l’informel au formel par le biais de la "gig economy" ; de générer des productions et de l’emploi en tirant profit du progrès technologique ; de créer des réseaux et des plateformes à l’échelle mondiale ; de collaborer avec les universités et d’autres institutions d’enseignement afin de promouvoir l’innovation ; et de développer des méthodes et des programmes de formation – cela en dépit des suggestions et des documents concrets qui ont été proposés sur cet aspect des plus importants.

De plus, le Rapport s’adresse aux gouvernements, aux organisations des travailleurs et des employeurs, aux entreprises, aux individus et à la société civile en général. Si le public est ainsi clairement défini, les actions requises par les recommandations devront émaner principalement des pouvoirs publics et des entreprises, sans impliquer les autres parties prenantes dans ce qui aurait pu être une occasion, pour elles aussi, de prendre une plus grande responsabilité et de jouer un rôle actif dans l’avenir du travail.

En conclusion, le Rapport pourra utilement servir à lancer le débat lors de la Conférence internationale du Travail de 2019, et nous sommes impatients de commencer les négociations sur le document final qui définira de quelle manière les membres de l’OIT, et celle-ci en tant qu’institution, devraient saisir les opportunités qui se présentent et relever les défis de l’avenir du travail. »

 

Dans la rubrique "Ressources", figurent :

  • Le rapport de la Commission mondiale de l'OIT sur l’avenir du travail 
  • La Note d’orientation de l’OIE pour la Commission mondiale de l'OIT sur le Rapport sur l’avenir du travail 
  • L’intervention de M. Mthunzi Mdwaba lors de la présentation du Rapport de la Commission mondiale de l’OIT sur l’avenir du travail (version anglaise seulement).

 

Contact : Alessandra Assenza, Conseillère principale de l'OIE, pour toute information supplémentaire.