On estime que le nombre total de migrants dans le monde a doublé entre 1965 et 2000, passant de 75 millions à 150 millions. Aujourd’hui, 120 millions d’entre eux sont vraisemblablement des travailleurs. S’il est vrai que la migration était plus importante au changement de siècle, la différence aujourd’hui est qu’elle concerne un plus grand nombre de pays d’origine, de transits et de destinations.
Dans les pays industrialisés, la compétition s’amplifie en matière de recrutement d’immigrants qualifiés afin de combler les carences des secteurs clés. Dans ces secteurs, les employeurs travaillent de plus en plus étroitement avec les gouvernements et les partenaires sociaux pour identifier où il y a carence de compétences et proposer des mesures pour y remédier, comme l’octroi de permis de séjour et de travail aux travailleurs qui ont les qualifications requises. Il ne fait aucun doute que la migration de la main-d'œuvre peut avoir un impact positif tant sur les pays d’origine que sur les pays de destination. Elle peut donner lieu à une situation avantageuse pour tous.
Bon nombre de forums traitent de cette question au niveau international. L’OIE travaille en étroite collaboration avec la Commission mondiale de la migration internationale, mise en place par le Secrétaire général des Nations unies en décembre 2003, dont le mandat est d’améliorer l’image de la migration dans le monde. La Commission est également chargée d’analyser les écarts entre les différentes approches politiques de la migration et d’en examiner les liens avec d’autres questions.
Quant au cycle de Doha sur le commerce multilatéral, l’accent est mis sur une plus grande libéralisation du commerce de services. L’OIE suit cette évolution par le biais du processus consultatif de l’OMC auquel elle participe. A l’OIT, la Conférence internationale du Travail de 2004 a convenu d'adopter un cadre multilatéral de la migration qui guidera ses activités futures en la matière. L'OIE participe actuellement dans la préparation de ce cadre multilatéral pour s'assurer que les vues et les intérêts des employeurs sont reflétés.